Un lecteur nous a écrit récemment après avoir reçu un avis d'échéance d'assurance en hausse de 180 euros, sans comprendre pourquoi alors qu'il n'avait eu qu'un pare-brise fissuré dans l'année. La réponse tient en un mot : le bonus-malus, ou coefficient de réduction-majoration, ne fonctionne pas comme la plupart des assurés l'imaginent, et un bris de glace seul ne devrait jamais faire grimper la prime pour cette raison précise. Le bonus-malus assurance auto en 2026 repose sur une formule fixe, encadrée par le Code des assurances : votre coefficient baisse de 5 % chaque année sans sinistre responsable et grimpe de 25 % après un accident responsable, dans une fourchette allant de 0,50 à 3,50. Dans ce guide, nous détaillons le calcul exact, les sinistres qui comptent réellement dans ce calcul et ceux qui n'y entrent jamais, ainsi que les leviers concrets pour faire baisser votre coefficient plus rapidement que la moyenne des assurés.
Sommaire
- Comprendre le bonus-malus et le coefficient CRM
- Les sinistres qui font vraiment bouger le coefficient
- Calculer son bonus-malus étape par étape
- Les leviers pour faire baisser son coefficient plus vite
- Impact chiffré sur le prix de la prime
- Éviter les erreurs qui font grimper le malus pour rien
- Le conseil du garagiste
- Questions fréquentes
Comprendre le bonus-malus et le coefficient CRM
Crédit : Ford Focus hits Nissan X-Trail, Sheba_Also, CC BY-SA 2.0 / Wikimedia Commons
Le bonus-malus, techniquement appelé coefficient de réduction-majoration (CRM), est un multiplicateur appliqué à la prime de référence fixée par votre assureur. Tout conducteur démarre à un coefficient de 1,00, sans réduction ni majoration. Chaque année d'assurance sans sinistre responsable fait baisser ce coefficient de 5 %, tandis que chaque accident responsable le fait grimper de 25 %. Le coefficient plancher est fixé à 0,50, soit une réduction de moitié de la prime de référence, et le plafond à 3,50, soit une majoration pouvant tripler et demi le tarif de base.
Ce mécanisme est propre à chaque conducteur, pas à chaque véhicule : il vous suit d'un assureur à l'autre et d'une voiture à l'autre, à condition de fournir votre relevé d'information à la souscription d'un nouveau contrat. C'est ce document, et non une simple déclaration sur l'honneur, qui prouve votre coefficient réel à un nouvel assureur.
Les sinistres qui font vraiment bouger le coefficient
« Seuls les sinistres pour lesquels votre responsabilité, totale ou partielle, est engagée sont pris en compte dans le calcul du coefficient de réduction-majoration. » — Code des assurances, article A121-1, via Service-Public.fr
C'est le point que la majorité des assurés ignorent, et qui explique bien des factures qui grimpent sans raison apparente aux yeux du client. Quatre catégories de sinistres n'ont aucun impact sur votre bonus-malus, même s'ils donnent lieu à une indemnisation :
- Le vol du véhicule, y compris une tentative avec dégâts.
- L'incendie, qu'il soit accidentel ou criminel.
- Le bris de glace seul, pare-brise ou vitre latérale, sans autre dommage associé.
- Un accident où votre responsabilité n'est pas engagée, même si vous avez dû faire jouer votre propre assurance en l'absence de tiers identifié ou solvable.
À l'inverse, un accident où votre responsabilité est partagée avec l'autre conducteur applique une majoration réduite de moitié, soit 12,5 % au lieu de 25 %. C'est une nuance que peu de contrats expliquent clairement au moment de la déclaration de sinistre.
Calculer son bonus-malus étape par étape
Crédit : Close-up of a man holding his car keys with a steering wheel in a blurry background, Shixart1985, CC BY 2.0 / Wikimedia Commons
Le calcul se fait à la date d'échéance annuelle du contrat, sur la base des sinistres survenus dans les douze mois précédant de deux mois cette échéance. Voici comment le coefficient évolue concrètement selon votre historique :
| Situation | Calcul | Coefficient résultant |
|---|---|---|
| 1ère année, aucun antécédent | Coefficient de départ | 1,00 |
| 1 an sans sinistre responsable | 1,00 x 0,95 | 0,95 |
| 3 ans sans sinistre responsable | 1,00 x 0,95³ | 0,857 |
| 1 accident responsable après 3 ans | 0,857 x 1,25 | 1,07 |
| 1 accident partiellement responsable | Coefficient x 1,125 | Majoration de 12,5 % |
| 13 ans sans sinistre responsable | 1,00 x 0,95¹³ | 0,50 (plancher) |
Un détail que l'on retrouve rarement mis en avant par les comparateurs : une fois le plancher de 0,50 atteint et maintenu pendant trois années consécutives, le premier accident responsable qui survient ensuite ne déclenche aucune majoration. C'est ce qu'on appelle le bonus à vie ou bonus protégé, un vrai amortisseur pour les conducteurs les plus anciens et les plus prudents.
Les leviers pour faire baisser son coefficient plus vite
Il n'existe qu'un seul levier légal pour faire baisser mécaniquement son coefficient : ne pas déclarer de sinistre responsable pendant douze mois consécutifs. Mais plusieurs choix pratiques permettent d'y arriver plus sûrement et d'en tirer davantage de bénéfice sur la prime finale :
- Ne pas déclarer les tout petits sinistres réglés à l'amiable et sans tiers, comme un rétroviseur arraché en stationnement sans témoin identifiable, quand la franchise dépasserait le montant des réparations. Une déclaration inutile reste sur votre relevé d'information même si elle ne coûte rien à l'assureur.
- Vérifier le constat amiable avant signature, particulièrement la case responsabilité : une répartition à 50/50 acceptée trop vite alors que les faits pointent une responsabilité mineure de votre part peut coûter 12,5 % de majoration pour rien.
- Conserver le même assuré principal sur le contrat plutôt que de changer de titulaire à chaque renouvellement de véhicule, ce qui remet parfois le compteur à zéro chez certains assureurs pour les conducteurs récemment ajoutés.
- Demander un rachat de franchise ou une garantie du conducteur responsable plutôt que d'accepter un malus, dans les cas où le contrat le permet, pour limiter l'impact sur le coefficient futur.
Impact chiffré sur le prix de la prime
Crédit : Head On Collision, Damnsoft 09, CC BY 3.0 / Wikimedia Commons
Sur une prime de référence moyenne de 700 euros par an pour un conducteur expérimenté, voici l'écart réel que produit le coefficient sur la facture finale :
| Coefficient | Statut | Prime annuelle estimée |
|---|---|---|
| 0,50 | Bonus maximal | Environ 350 euros |
| 0,80 | Bon conducteur, quelques années de conduite | Environ 560 euros |
| 1,00 | Conducteur neutre, aucun antécédent | 700 euros |
| 1,25 | 1 accident responsable | Environ 875 euros |
| 2,00 | Plusieurs sinistres responsables | 1 400 euros |
| 3,50 | Plafond, malus maximal | 2 450 euros |
L'écart entre le plancher et le plafond représente donc un rapport de un à sept sur la même prime de référence, avant même de tenir compte de l'effet du profil de conducteur ou du véhicule assuré sur cette base de calcul. C'est ce chiffre qui explique pourquoi deux voisins avec la même voiture peuvent payer des primes du simple au triple.
Éviter les erreurs qui font grimper le malus pour rien
La première erreur consiste à déclarer un sinistre par réflexe alors qu'il aurait pu être réglé directement entre les deux parties, sans passer par les assureurs, lorsque les dégâts restent inférieurs à la franchise. La seconde, plus fréquente qu'on ne le pense, concerne les jeunes conducteurs ajoutés au contrat d'un parent : un sinistre responsable causé par l'enfant peut faire grimper le coefficient du titulaire principal si le contrat ne prévoit pas de conducteur secondaire correctement identifié.
Enfin, ne confondez pas ce coefficient avec le malus écologique, qui est une taxe unique payée à l'achat d'un véhicule neuf selon ses émissions de CO2. Les deux mots se ressemblent, mais rien ne les relie : un conducteur au bonus maximal peut très bien avoir payé un malus écologique élevé sur son véhicule, et inversement.
Le conseil du garagiste
Un cas que l'on voit revenir régulièrement en atelier : un client fait réparer un pare-chocs après un accrochage mineur en le payant de sa poche, persuadé d'avoir ainsi évité tout impact sur son assurance. Sauf qu'il avait, sans s'en rendre compte, rempli et signé un constat amiable avec l'autre conducteur sur place, document que ce dernier a transmis à son propre assureur plusieurs semaines plus tard. Résultat, le sinistre apparaît quand même sur le relevé d'information, malgré l'absence de toute déclaration de sa part. Notre conseil : un constat amiable signé engage les deux parties, qu'il soit transmis ou non par vous-même à votre assureur. Si les dégâts sont mineurs et que vous préférez régler à l'amiable sans impact sur votre bonus-malus, ne signez tout simplement aucun constat, réglez directement entre vous avec un écrit informel ou une facture partagée.
Comment se calcule le bonus-malus assurance auto en 2026 ?
Le coefficient part de 1,00 et baisse de 5 % chaque année sans sinistre responsable, soit une multiplication par 0,95. Il augmente de 25 % après un accident responsable et de 12,5 % en cas de responsabilité partagée, dans une fourchette allant de 0,50 (bonus maximal) à 3,50 (malus maximal).
Combien d'années faut-il pour atteindre le bonus maximal de 0,50 ?
Il faut treize années consécutives sans sinistre responsable pour passer d'un coefficient de départ à 1,00 jusqu'au plancher de 0,50. Une fois ce plancher maintenu trois ans, le premier accident responsable suivant ne déclenche plus aucune majoration.
Un bris de glace fait-il augmenter le bonus-malus ?
Non, un bris de glace seul, comme un pare-brise fissuré ou une vitre cassée, n'entre jamais dans le calcul du coefficient de réduction-majoration. Il en va de même pour le vol, l'incendie et les accidents où votre responsabilité n'est pas engagée.
Que se passe-t-il pour le bonus-malus en cas d'accident responsable à 50/50 ?
La majoration est alors réduite de moitié par rapport à un accident totalement responsable, soit 12,5 % au lieu de 25 %. C'est pourquoi il est important de vérifier attentivement la case responsabilité du constat amiable avant de le signer.
Le bonus-malus suit-il le conducteur ou le véhicule ?
Il suit le conducteur principal, pas le véhicule. Vous conservez votre coefficient en changeant de voiture ou d'assureur, à condition de fournir votre relevé d'information à jour au moment de la souscription d'un nouveau contrat.
Comment vérifier son coefficient de bonus-malus actuel ?
Il figure sur votre relevé d'information, document que votre assureur actuel doit vous remettre gratuitement sur simple demande, ainsi que sur votre avis d'échéance annuel. C'est ce document, et non une estimation orale, qui fait foi auprès d'un nouvel assureur.
Est-il possible de remettre son bonus-malus à zéro en changeant d'assureur ?
Non, le coefficient n'est jamais remis à zéro par un simple changement d'assureur : il est transféré tel quel via le relevé d'information. Seule une interruption de plus de trois ans sans assurance auto entraîne une réinitialisation au coefficient neutre de 1,00.
Le malus écologique et le bonus-malus assurance sont-ils liés ?
Non, ce sont deux dispositifs totalement indépendants malgré la ressemblance des noms. Le malus écologique est une taxe payée une seule fois à l'achat d'un véhicule neuf selon ses émissions de CO2, tandis que le bonus-malus assurance évolue chaque année selon votre historique de conduite.
Un jeune conducteur ajouté au contrat peut-il faire monter le malus du titulaire principal ?
Oui, si un sinistre responsable est causé par un conducteur secondaire correctement déclaré sur le contrat, le coefficient du titulaire principal peut être impacté selon les règles fixées par l'assureur. Il est essentiel de vérifier ce point précis avant d'ajouter un jeune conducteur au contrat familial.
Faut-il toujours déclarer un petit sinistre à son assureur ?
Pas nécessairement, si les dégâts sont inférieurs au montant de la franchise et qu'aucun tiers n'est impliqué de façon durable dans le litige. Un règlement direct entre les parties, sans signature de constat amiable, n'a aucun impact sur le bonus-malus.





